Exposition « Fuegophillia », d’Amandine Guruceaga Evènements culturels

Au cœur du Jardin des Méditerranées, le Domaine du Rayol invite les visiteurs à traverser « Fuegophillia », l’exposition d’Amandine Guruceaga, où le feu et le vivant dialoguent dans un spectacle de transformation et de renaissance.

Cette exposition est une plongée sensorielle dans la tension vitale entre destruction et régénération. Inspirée par les plantes pyrophiles méditerranéennes (cistes, pins d’Alep, chênes lièges ou eucalyptus) qui trouvent dans le feu non seulement une menace, mais un moteur de reproduction, l’artiste explore la capacité du vivant à se réparer et à renaître.

Le feu est ici plus qu’un élément : il devient un médium poétique et politique, un agent de transformation. Dans cette exposition, il sort du foyer pour embraser le paysage, tout en nourrissant la fertilité et la vie. Les compositions picturales et sculpturales mêlent tissus teints et décolorés, laiton et cuivre brûlés, mousse expansive, PVC recyclé et cordes suspendues. Les surfaces se déploient comme des interfaces entre organique et inorganique, entre passé et futur, fragilité et robustesse.

Les œuvres présentées proposent un paysage crépusculaire où rouge cramoisi, vert tilleul, rose fuchsia et cuivre roussi se posent sur un bleu céleste délavé. Les sculptures, véritables graines aériennes suspendues, traduisent la résilience et la régénération par leurs formes gonflées, presque exagérées, évoquant la cicatrisation et la recomposition de la matière après un traumatisme. Les troncs noircis, modelés à chaud, rappellent la brutalité contemporaine et l’impact de l’homme sur la nature.

La démarche d’Amandine Guruceaga conjugue puissance vitale et sensibilité écologique : matériaux recyclés, interventions chirurgicales sur la matière, gestes picturaux et techniques ancestrales cohabitent pour créer un univers où l’attention à la Terre et aux êtres vivants est au centre.

Présenter « Fuegophillia » au Domaine du Rayol, au cœur du Jardin des Méditerranées, est une rencontre naturelle entre lieu et projet : ici, la brûlure et la régénération sont inscrites dans le cycle de la flore, et le public est invité à traverser un paysage où la cendre devient promesse.

Vernissage de l’exposition en présence de l’artiste samedi 28 mars à 14h30 dans le cadre de l’événement Printania au Domaine du Rayol


Le parcours de l’artiste

Née en 1989 et basée à Marseille, Amandine Guruceaga est une alchimiste de la matière. Son travail transcende les matériaux ordinaires, les transformant en témoignages poignants de la fragilité de notre monde et de la résonance de l’histoire dans la matière. Sa pratique explore la résilience du vivant, mettant en lumière sa capacité à se réparer malgré les agressions incessantes, qu’elles soient naturelles ou humaines.

Formée dès l’enfance dans l’atelier d’émaillage de ses parents, Amandine développe une maîtrise des matériaux et des techniques — teinture, décoloration, brasure, modelage — qu’elle combine à une sensibilité picturale et sculpturale. Ses œuvres interrogent la surface comme un espace de dialogue entre peinture et sculpture, où textiles, métaux brûlés et objets récupérés se transforment en paysages et corps en mutation.

Son travail a été présenté dans de nombreuses expositions personnelles et collectives, notamment : résidence LVMH Métiers d’Art (2018), galerie Julie Caredda (Healing Surfaces, Paris+ Art Basel), galeries Ceysson Benetière, Derouillon et Mazzoli (Berlin). Des institutions comme le Musée d’Art contemporain de Montélimar, le Centre d’art de la Villa Arson à Nice, Mains d’Œuvres à Saint-Ouen et La Friche Belle de Mai à Marseille ont également exposé ses œuvres.

Parmi ses distinctions, elle a été sélectionnée pour le Prix MAIF de la sculpture, le Prix des Révélations Emerige et le 64e Salon de Montrouge. Ses œuvres font partie de collections prestigieuses, dont la Collection Louis Vuitton Moët Hennessy et celle de la Ville de Marseille. Elle a également réalisé plusieurs commandes publiques et privées, telles que Mirador balnéaire pour Marseille, capitale européenne de la culture en 2013, ou des sculptures pour Bouygues Immobilier et Matmut.

Amandine Guruceaga poursuit avec « Fuegophillia » une réflexion sur l’impact humain, la régénération du vivant et la beauté fragile des cycles naturels, invitant le spectateur à contempler la force et la poésie de la matière transformée.