Le conseil des jardiniers : l’été, il faut se ménager !

Chêne-liège

Le 21 septembre 2018

Juillet, août, septembre… Ce n’est pas tant la masse dense et compacte des touristes venus assaillir la côte, mais plutôt la persistance de cette chaleur lourde et écrasante, qui nous rappelle que nous sommes plongés au milieu de l’impeccable grand bleu d’un été interminable.
L’odeur de la pluie sur le sec, semble ne plus être qu’un vieux souvenir d’enfant, et tout espoir d’une ombre portée par un nuage invisible, est perdu.


La dormance estivale

Si nous sommes doués d’une grande ingéniosité pour traverser cette période en limitant les dommages, les végétaux le sont tout autant.

Pour les végétaux de climat méditerranéen, le moment le plus éprouvant est la période estivale, ce qui explique que ce soit la période durant laquelle ils entrent en dormance.

Une grande majorité de ces végétaux ne perdent pas entièrement leur feuillage à une période précise de l’année. Ils sont persistants. Leur feuillage va se renouveler en douceur tout au long de l’année.
Mais à choisir, certains arbres, tels que les Quercus suber (chênes-lièges), optent pour la perte de quelques feuilles lorsque l’arrivée des fortes chaleurs devient imminente. C’est une façon pour lui de se protéger. En réduisant sa surface foliaire, il réduit ses besoins en eau. Il se pare à la traversée du désert.


Observer et accompagner…

Les feuilles tombées à terre forment un tapis au pied du majestueux chêne-liège

Les feuilles tombées à terre forment un tapis au pied du majestueux chêne-liège

Un jardinier attentionné et soucieux du bien-être de ses plantes durant cette période aride, peut compléter l’acte engagé par l’arbre. Rien ne sert de ratisser ou de souffler ses feuilles tombées au sol. Sauf à vouloir faire place nette dans un souci de rigidité de l’esprit et d’apaisement mental.
Conséquence à cela, la température du sol mis à nu sera digne, au cœur de l’été, de celle des pentes de l’Etna un jour d’éruption.
Alors, si la vue du fouillis laissé par des feuilles tombées librement au gré du vent est trop difficile, il est conseillé de pratiquer la thérapie dite du râteau. Celle-ci consistant à libérer sa pensée tout en développant son esprit créatif, en réalisant au sol avec les feuilles, de belles figures géométriques au pied de l’arbre afin de lui offrir un paillis.


Les végétaux n’ayant pas pu mettre en place de façon officielle et ostentatoire leur plan « alerte canicule », il faut tout de même garder un œil vigilant quant à la perte de feuilles en trop grande quantité, d’un arbre à feuillage persistant.

Charles Guerlain, jardinier au Domaine du Rayol