Le conseil des jardiniers : le désherbage sélectif

Le 22 avril 2018

Un hiver qui semble vouloir se prolonger. Le printemps qui prend plaisir à se faire désirer…
Voilà la conclusion que nous pourrions tirer en ce début avril.

Entre deux averses pourtant, le soleil vient nous rappeler qu’il s’était simplement caché derrière de gros cumulus ! Pluie, chaleur, humidité, soleil, le jardin est en effervescence. Mais ne vous sentez pas désemparé en regardant vos plates-bandes se faire doucement envahir par une multitude d’herbes variées !


Désherber de façon sélective

Le sol n’a pas vertu à être mis à nu. Sauf à vouloir assouvir des envies esthétiques archaïques…
Un sol couvert gardera l’humidité plus longtemps. Les différents systèmes racinaires de ces adventices aèrent le sol. Certains adventices amenderont votre sol. C’est pour ces raisons techniques qu’il va devenir intéressant de sélectionner ce que l’on désherbe.
A titre d’exemple, au Domaine du Rayol, l’oxalis envahit les parcelles. Son système racinaire ne présente aucun risque de mise en concurrence avec d’autres sujets. A l’inverse, sa présence au pied d’autres plantes pourra garder leurs racines au frais, comme un paillage. D’un point de vue esthétique, sa floraison jaune de mars à fin avril égaille des parcelles souvent peut colorées en cette fin d’hiver. Ce petit couvre-sol a même des vertus culinaires !

Au-delà des critères techniques relatif au désherbage manuel, nous pouvons également considérer qu’il a des qualités esthétiques. En désherbant simplement le tour de végétaux sélectionnés et en laissant le reste à « l’état sauvage », les plantes ornementales seront mises en valeur. L’idée que tout ce qui aura été laissé est fait de manière réfléchie et volontaire ôtera le côté « friche » que certains peuvent redouter.
Créer de nouveaux cheminements, donner de la perspective, de la profondeur, autant d’éléments importants dans la conception d’un jardin que le simple choix d’une palette végétale élaborée.
Mettre à profit ces « herbes sauvages », plutôt que de se battre contre leur éradication.

Et pour celles et ceux qui ne seraient toujours pas convaincus, il faut bien admettre que cette façon de désherber est un gain de temps extraordinaire !

Revoir sa manière de jardiner en même temps que sa conception du jardin. Briser certains prérequis ancestraux. L’homme n’a pas pour mission de dominer la nature à tout prix.

Charles Guerlain, jardinier au Domaine du Rayol