La plante du mois : Thryptomene saxicola

Thryptomene saxicola

Le 28 janvier 2019

L’hiver doux se poursuit au Jardin des Méditerranées, et nombreuses y sont les plantes à arborer leurs fleurs. Les paysages verdoyants se parent de rose, de jaune, d’orange, de blanc et de bleu. Les sentiers sont riches en surprises, car même le plus petit des buissons peut se révéler sous un tout autre aspect, une fois ses fleurs dévoilées. Un simple et tout petit buisson, comme le Thryptomene saxicola.


Un cousin du myrte…

Ce nom compliqué désigne une espèce appartenant à la grande famille des Myrtacées, dont l’un de ses représentants les plus connus est le myrte commun (Myrtus communis).
Plusieurs plantes de cette famille sont réputées pour leur feuillage aromatique, et les huiles essentielles qui en sont extraites sont très prisées. Les fleurs sont aisément identifiables, caractérisées par cinq pétales (parfois absents chez certaines espèces) et de longues et nombreuses étamines colorées.
Pas moins de 3 000 espèces sont recensées, réparties sur plusieurs grandes zones incluant l’Amérique du Sud, l’Europe, l’Asie, l’Afrique et l’Océanie. La plupart de ces Myrtacées vivent en climat tropical ou subtropical, bien que certaines (comme le myrte) soient inféodées à des régions plus tempérées.
Tout comme le Domaine du Rayol, les Myrtacées invitent au voyage ! Mais en ce qui concerne notre plante du mois, pour la trouver, il nous faut faire un détour du côté du continent australien…

Thryptomene saxicola

Thryptomene saxicola

Myrtus communis

Le Myrtus communis, une plante cousine du Thryptomene saxicola


Une famille lointaine…

En Australie, les Myrtacées ne sont pas en reste, car les plantes les plus représentatives de ce pays appartiennent à cette famille : Eucalyptus, Callistemon, Melaleuca… Autant de genres apparentés à notre bon myrte de Méditerranée. Ces différentes espèces constituent environs 10% des plantes à fleurs du pays. Ainsi, la famille des Myrtacées est la deuxième famille la plus représentée en Australie, derrière les Fabacées.
A ce titre, le genre Thryptomene, qui regroupe une quarantaine d’espèces, est exclusivement australien. Cependant, Thryptomene saxicola n’occupe pas l’ensemble du pays, bien au contraire ! Pour le localiser, il faut se restreindre au cap sud-ouest de l’Australie.
Cette zone est soumise à un climat identique à celui que nous avons ici : le climat méditerranéen, caractérisé par un été chaud et sec et un hiver doux et humide. De ce fait, le thryptomene (dépourvu d’appellation plus simple) se développe sans difficulté dans la parcelle australienne du Jardin !


Un petit bout de plante…

Dans cette partie de l’Australie, l’été est une période particulièrement sèche et difficile pour les végétaux. En tant que plante de climat méditerranéen, le thryptomene présente des adaptations à cette sécheresse.
Son adaptation à lui, c’est sa taille.

Thryptomene saxicola

Le Thryptomene saxicola forme un petit buisson qui s’étale au sol

Cette plante dépasse rarement un mètre de hauteur et les rameaux ont tendance à pousser en direction du sol, ce qui confère au buisson un aspect rampant. Du coup, le thryptomene se développe dans un sens horizontal et non vertical : la plante ne tend pas à s’élever et se rapprocher du soleil, c’est plutôt le contraire !
Les feuilles sont également très petites et ne dépassent pas 1 centimètre de longueur. De couleur vert sombre, elles sont disposées de façon régulière le long des rameaux, et une légère odeur s’en dégage lorsqu’on les frotte.
Enfin, les nombreuses fleurs roses présentent les caractéristiques typiques des Myrtacées : cinq pétales et des étamines dressées. En revanche, ses fleurs sont très petites.
Comme le sous-entend cette brève description, le thryptomene ne « rêve pas de grandeur »… Mais pourquoi un tel nanisme ? La réponse est simple : petite taille, petits besoins.
Le fait d’avoir des feuilles de taille réduite signifie que la surface exposée au soleil est moins importante, ce qui entraîne moins de perte d’eau par évapotranspiration (via les fameux stomates, ces petits trous répartis sur les feuilles). De petites fleurs impliquent des dépenses d’eau et d’énergie amoindries. Et enfin, une taille moins importante demande « moins d’effort » pour distribuer l’eau et la sève dans tout l’organisme de la plante. Une stratégie simple, mais efficace !

Encore une fois, à travers l’observation de ce qui s’apparente à un « simple buisson », la nature nous fait montre de la richesse des espèces végétales, ainsi que de leurs adaptations diverses et variées face aux conditions de vie que le monde a à offrir. Donc, aux voyageurs parcourant cette région australienne qui s’apparente à la nôtre, prenez le temps d’observer le thryptomene, ce cousin éloigné, miniature (mais coriace) du myrte.

Lenny Basso
Jardinier et guide-animateur au Domaine du Rayol