Le conseil des jardiniers : le paillage des sols

© Domaine du Rayol

Le 20 mars 2018

Mars : des journées qui s’étirent, des températures plus douces. Les sens qui se réveillent au rythme des oiseaux qui se remettent à chanter, des premiers bourgeons, des premières fleurs qui délivrent leur parfum au petit matin.
Et pourtant… !
Après trois ans de sécheresse, bien que cela puisse surprendre, nous arpentons un mois de mars qui semble vouloir redorer sa réputation.
Une transition printanière jalonnée de coups de froid, de pluies intenses, ponctuée par de très belles journées ensoleillées. Quoi de plus normal finalement !? Alors profitons-en !

Le jardinage au fil des saisons

L’automne, le sol est encore chaud, c’est en principe la saison des pluies, et donc des plantations. Il va ensuite falloir, en attendant que les plantes gagnent en maturité et deviennent plus autonomes, les aider, les accompagner, mettre des chances de leur côté pour appréhender au mieux l’arrivée de l’été.
L’hiver, avec ses coups de froid, un temps sec et ensoleillé, est propice au travail d’élagage, de tailles et de broyage.
En tant que jardinier, nous nous efforçons de travailler en lien avec la nature, en nous appuyant sur elle et en profitant de ce qu’elle peut nous apporter.

Les bienfaits du paillage des sols

Paillis réalisé suite aux tailles hivernales

Paillis réalisé suite aux tailles hivernales

De belles cuvettes ont été réalisées au pied des jeunes plants. Celles-ci pourront se remplir lors des pluies ou à l’occasion d’un arrosage manuel. Elles garderont l’eau plus longtemps près de la plante pour une diffusion lente au lieu de la laisser s’échapper le long de la pente.

 

 

Il est utile d’ajouter autour des nouvelles plantations du broyat réalisé à partir des tailles diverses de l’hiver. Le paillage a beaucoup de vertus : sa décomposition lente amendera le sol de manière diffuse, apportant aux jeunes plantes un apport nutritif.

Avec le retour de la douceur printanière jumelée aux fortes pluies, sans qu’on ait eu le temps de s’en rendre compte, c’est l’explosion dans le jardin. Le paillage limitera la croissance de certaines herbes envahissantes. Le désherbage sera facilité et pourra être fait de façon plus sélective.

Enfin, en prévision de l’été et des périodes de sécheresses à venir, le paillage va pouvoir jouer pleinement son rôle. Suite à un arrosage, il gardera l’humidité plus longtemps, permettant au sol de rester « frais ». En restant frais, donc légèrement humide, il se durcira moins vite, ce qui favorisera la pénétration de l’eau lors des futurs arrosages et aura pour conséquence de les optimiser, ce qui n’est pas négligeable en période de restriction d’eau. Le sol plus fréquemment humide est ameubli. La biodiversité du sous-sol, comme les lombrics par exemple, y sera plus présente. Puisque cette biodiversité participe à un équilibre nécessaire, nous ne pouvons que nous réjouir de leur présence.

Le paillage est très bénéfique mais il n’empêchera pas (dans les mois qui viennent) de devoir apporter une attention à chaque sujet, quasi au cas par cas, pour connaître ses besoins en eau.

Le jardinage au fil des saisons, comme un circuit clos. Utiliser ce que l’on a.

Paillis disposé au pied

Paillis disposé au pied de la plante

Mise en œuvre du paillage

  • Possibilité d’acheter du paillis en jardinerie ou auprès d’un élagueur.
  • En étaler une couche généreuse (15 cm) autour de vos plantes.
  • Renouveler l’opération au moins une fois par an.

Charles Guerlain, jardinier au Domaine du Rayol