L'année 2011 a de nouveau franchi la barre de 1 000 mm en terme de précipitations ! Et pourtant le jardinier est encore en train de se plaindre : nous attendons la pluie ! A la première goutte d'eau de l'année 2012, nous recommencerons à planter, et les mimosas exploseront de fleurs.
En attendant, de beaux chantiers en cours. Les pluies et les tempêtes de novembre avaient fortement agité le jardin, faisant tomber de nombreux arbres. Beaucoup de bucheronnage alors. Mais chaque tempête, chaque accident, devient une opportunité pour le paysage. L'arbre qui s'écroule offre de la lumière ; du sol qui est une banque de graines, surgissent alors de nouvelles plantes. Au jardinier de repérer tous ces trésors.
Suspendu en haut du grand cyprès du Domaine du Rayol, reste un épouvantail, bien accroché dans son arbre. Il y grimpa lors de Gondwana, au moment du grand concours d'épouvantails. Quand l'artiste, le jardinier, l'ingénieur s'associent, le jardin devient un lieu de création, de récupération. On pouvait ainsi rencontrer ci et là d'épouvantables créatures, l'épouvantail, qui devient à la fois objet utilitaire ou décoratif et objet culturel.
S'il tient du domaine de l'art populaire, il appartient aussi à tout le monde de veilles croyances en sommeil. L’idéal c’est qu’il paraisse irrévérencieux. Il est bien plus que ce qu'il prétend être. Tout comme la poupée, il est un double de l'homme, un autoportrait qui ne dit pas son nom.
Qu’est-ce qu’un jardin? Qu’attend-on de lui ? Comment je me sens dans les jardins du Rayol?
J’hésite entre surprise, émerveillement, dépaysement... ou simplement une promenade agréable, dans un lieu où se mêlent dignement nature et culture...
Invitation à l’ouverture d’esprit, où il est moins question d’une simple visite que d’une réelle expérience du jardin.
Il serait une proposition, où chacun est libre de donner sa réponse. De la richesse de la biodiversité aux cheminements hasardeux, tout est fait pour laisser place à notre perception. Nos sens sont alors aimablement sollicités, dans l’imaginaire ou le concret.